La part de travailleurs âgés s’accroît au Canada

La part de travailleurs âgés s’accroît au Canada

La proportion de travailleurs âgés augmente au Canada, reflétant les tendances démographiques, mais parfois aussi les progrès de la présence féminine dans certaines professions ou le déclin de certains secteurs de l’économie.

Il y a une vingtaine d’années seulement, on comptait 2,7 travailleurs âgés de 25 à 34 ans pour chaque travailleur de 55 ans et plus au Canada. Le rapport entre les deux groupes est aujourd’hui rendu d’un pour un, rapporte Statistique Canada dans une étude dévoilée jeudi.

Le revirement de situation découle de l’arrivée des baby-boomers à l’âge de la retraite et de la proportion croissante de Canadiens plus âgés qui demeurent actifs sur le marché du travail, expliquent les auteurs de l’étude d’une vingtaine de pages. Le nombre de travailleurs de 25 à 34 ans a ainsi légèrement augmenté (+18 %) de 1996 à 2018 pendant que celui des travailleurs de 55 ans et plus s’est multiplié par trois (+213 %).

D’autres recherches ont montré que la raison de rester plus longtemps sur le marché du travail se partage également entre le choix personnel et une nécessité financière.

« Des études récentes ont révélé que les personnes âgées qui avaient un niveau de scolarité plus élevé, qui n’avaient aucune limitation d’activité, qui avaient des paiements hypothécaires et qui vivaient dans des régions rurales étaient plus susceptibles de travailler », indique-t-on.

Évoquant de nouveau le spectre de la rareté de main-d’oeuvre, l’étude poursuit en notant qu’à terme, « il pourrait être difficile de garantir un nombre adéquat de remplacements pour certaines professions, car la population de moins de 35 ans n’affiche presque aucune croissance ».

Avancées et déclins

On observe en effet de grandes variations entre les professions. Dans certains cas, l’arrivée massive des femmes depuis 20 ans est venue atténuer le vieillissement en cours, note-t-on. C’est le cas, par exemple, pour les omnipraticiens et médecins de famille où, n’eût été une augmentation de 135 % du nombre de femmes entre 1996 et 2016, contre seulement 14 % pour les hommes, la proportion relative d’hommes de 55 ans et plus (38 % contre 19 % pour les femmes) aurait pesé beaucoup plus lourd sur l’âge moyen dans la profession. Un phénomène similaire se retrouve aussi chez les avocats, les notaires ou encore les comptables.

Dans d’autres cas, le vieillissement de la main-d’oeuvre est révélateur de transformations non seulement démographiques, mais aussi socio-économiques, souligne Statistique Canada. On l’observe notamment dans le monde de l’agriculture où, poursuivant un processus de consolidation et d’automatisation enclenché depuis un siècle, non seulement le nombre d’emplois a reculé aussi bien pour les hommes (–35 %) que pour les femmes (–27 %), mais où l’âge de ceux qui restent a aussi augmenté, avec plus de la moitié des hommes et des femmes ayant 55 ans ou plus.

L’automatisation et la délocalisation de la production ont eu le même effet sur certains métiers du secteur manufacturier, rapporte l’étude. Dans le secteur du vêtement, le nombre d’opérateurs de machines à coudre industrielles a, par exemple, diminué de 73 % en 20 ans, en même temps que la proportion de travailleurs âgés bondissait de 12 à 42 %.

Ces métiers qui n’existaient pas

Le phénomène inverse se produit dans les professions émergentes marquées par une croissance rapide de la publicité, du marketing et des relations publiques ou de la gestion de systèmes informatiques, où les effectifs ont plus que triplé et où la proportion de travailleurs plus âgés ne dépasse pas 16 %.

Dans certains cas, comme pour les analystes et les consultants informatiques, les développeurs en médias interactifs et les techniciens en réseaux informatiques — qui comptaient 325 000 travailleurs au Canada en 2016 —, les professions sont tellement jeunes que la comparaison avec les années 1990 n’est même pas possible.

Source: Le Devoir

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